Il y a des nuits où l’on ne dort pas au château. Pas par choix — par nécessité. Quand le thermomètre descend sous 0°C en avril, chaque bourgeon qui vient d’éclore est en danger. Et un bourgeon perdu, c’est une grappe en moins à l’automne.

Cette année, l’alerte est tombée à 23h. François et l’équipe se sont relayés toute la nuit entre les rangs, allumant les bougies antigel une à une. Deux cents bougies. Trois hectares. Un ciel sans nuages et une température qui ne remontait pas.

Au lever du soleil, le bilan était là : quelques dégâts sur les parcelles les plus basses, là où le froid stagne. Mais l’essentiel était sauf. Le millésime aussi.

Ces moments-là, on ne les montre pas souvent. Ils font pourtant partie de ce que le vin contient, invisiblement, dans chaque verre.

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